Une phrase simple pour revenir à l’essentiel : accueillir ce qui est présent et permettre à ce qui cherche à vivre, en nous et autour de nous, de trouver sa place.
Il y a une phrase qui m’accompagne depuis quelque temps.
Une phrase simple, que je retrouve lorsque je sens que je m’éloigne de moi-même.
« J’accueille et je permets. »
Je la considère un peu comme un mantra.
Elle revient dans les périodes où je me laisse happer par le faire, lorsque les journées s’enchaînent, que les listes s’allongent et que je commence à croire que ma valeur dépend de tout ce que je réussis à accomplir.
Alors je m’arrête un instant.
J’accueille.
J’accueille la fatigue.
Les doutes.
Les peurs.
Les émotions qui me traversent.
Les élans aussi.
Accueillir ne signifie pas tout approuver ni rester immobile. C’est commencer par reconnaître ce qui est là, sans chercher à le corriger ou à le faire disparaître immédiatement.
C’est créer assez d’espace pour entendre ce que cette fatigue, cette émotion ou cet élan vient peut-être raconter.
Puis je permets.
Je permets à ce qui est vivant en moi de se manifester.
Je permets à une émotion de circuler.
Je permets à un besoin d’être entendu.
Je permets à une limite de se dessiner.
Je permets à un mouvement nouveau de devenir possible.
Il ne s’agit pas de tout contrôler ni de décider à l’avance de la forme que prendra ce mouvement. Permettre, c’est parfois cesser de retenir. Laisser une place à ce qui était déjà là, mais que le bruit, les habitudes ou les attentes empêchaient d’entendre.
Ce mouvement ne se joue pas seulement à l’intérieur de nous.
Il existe aussi autour de nous : dans une rencontre, un paysage, une parole reçue au bon moment, le rythme d’une saison ou la présence d’un autre vivant.
Accueillir ce qui nous traverse peut modifier notre manière d’être en relation avec ce qui nous entoure. Et ce que nous rencontrons autour de nous peut, en retour, révéler ou soutenir quelque chose en nous.
Tout n’est pas à construire.
Toutes nos ressources ne sont pas à inventer.
Une grande partie est déjà présente, parfois discrète, oubliée ou recouverte par les peurs, les conditionnements et les expériences de vie.
Peut-être que se faire confiance commence ainsi : accueillir suffisamment ce qui est là pour permettre au pas suivant d’apparaître.
Sans forcer.
À son rythme.
En laissant davantage de place au vivant, en nous et autour de nous.
